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Coupe du Monde 2030 : l’Espagne est au cœur d’un gigantesque scandale

Alors que les éliminatoires à la Coupe du Monde 2026 battaient son plein sur tous les continents durant cette trêve internationale, l’Espagne continue de préparer l’organisation de l’édition 2030 aux côtés du Portugal et du Maroc (et de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay). Mais une polémique enfle de l’autre côté des Pyrénées.

Par Valentin Feuillette
4 min.
Luis de la Fuente sur le banc de l'Espagne @Maxppp

L’Espagne, en collaboration avec le Maroc et le Portugal, a été désignée en octobre 2023 pour organiser la Coupe du Monde 2030, célébrant le centenaire de la compétition. Des discussions sont en cours concernant les stades hôtes espagnols, avec des controverses sur l’évaluation des sites. De plus, des préoccupations ont été soulevées par rapport au retrait potentiel du stade Metropolitano de l’Atlético Madrid en raison de préoccupations financières. Par ailleurs, des entreprises espagnoles voient dans cet événement une opportunité d’accroître leur présence sur le marché marocain, compte tenu des investissements prévus dans les infrastructures. L’attribution des sites en Espagne reste ainsi entachée de controverses. Selon El Mundo, la Fédération espagnole de football a manipulé les scores des stades de la Coupe du Monde 2030 pour exclure Vigo et inclure Anoeta. Dans un premier rapport, apparaissent quelques notes différentes de celles finalement publiées : le stade Balaídos à Vigo était sélectionné parmi les 11 stades retenus et deux jours plus tard, son score a été modifié et le stade Anoeta de San Sebastian a gagné une place.

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En effet, environ 48 heures après la première liste, l’équipe a modifié le fichier Excel, changeant le score d’Anoeta à 10,6026 (initialement à 10,1226). De cette façon, l’enceinte de la Real Sociedad a dépassé Vigo, laissant l’option galicienne à la 12ème place, qui a donc été automatiquement éliminée. Immédiatement après, Abel Caballero, maire de Vigo, a dénoncé la situation : «j’exige que Louzán s’explique immédiatement. Qu’il explique qui a pris les décisions, comment elles ont été prises, pourquoi elles ont été prises, les réunions des comités techniques. Tout doit être justifié, avec des procès-verbaux signés électroniquement. Parce que je n’ai confiance en rien. Mais c’est extrêmement grave, extrêmement grave. Que les critères de sélection confiés à une équipe technique aient été modifiés, et il ne semble pas que ce soit l’équipe technique qui l’ait fait, est extrêmement grave». La RFEF, pour sa part, a annoncé qu’elle « analyserait le processus mené par le comité de la Coupe du Monde » et a affirmé qu’elle souhaitait que Vigo soit une des villes hôte. L’organisation souligne que la plupart des membres de cette commission ont quitté leurs postes avant l’entrée en fonction de la nouvelle présidence.

Un enregistrement qui fait scandale !

Le journal d’El Mundo a publié un enregistrement audio d’une réunion du 25 juin 2024, entre plusieurs membres du comité qui a décidé des hôtes de la Coupe du Monde, et dans lequel on peut entendre María Tato (directrice de la candidature), Fernando Sanz (ancien chef de l’équipe organisatrice) et Joana Soares (département de stratégie) évaluer les notes qu’ils ont attribuées aux différents stades et les noter de manière confuse et désorganisée : « allons-y. Saisissons les valeurs dans Excel pour voir ce que nous obtenons. Nous allons effectuer le premier test sur 800 jusqu’à obtenir le résultat souhaité », peut-on entendre dans l’enregistrement. Comme l’a rapporté le journal Marca, le comité d’organisation de la Coupe du Monde 2030 a été démantelé fin décembre 2024. Fernando Sanz et Jorge Mowinkel, deux des dirigeants les plus visibles, ne font plus partie de la Fédération espagnole de football. María Tato est restée, mais en plus des trois, il y a plusieurs autres employés qui, au cours de la dernière année et demie, avaient été chargés de façonner le projet et qui ont été licenciés.

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La polémique frappe donc à nouveau aux portes de la Fédération royale espagnole de football, qui a ouvert une période de calme après l’élection de Rafael Louzán comme nouveau président en décembre dernier. Cependant, cet article d’El Mundo a une fois de plus braqué les projecteurs et les gros titres sur le football espagnol avec cette curieuse attribution des sites pour la Coupe du Monde 2030. Les critiques sont surtout mises sur María Tato, cheffe de la candidature à la Coupe du Monde, qui a toujours été une source de controverse, depuis son départ de l’Athletic Bilbao pour rejoindre la RFEF sous Rubiales jusqu’à aujourd’hui. Elle baigne en effet dans d’autres affaires bien sombres du football espagnol : «c’est moi qui connais les aéroports d’ici. L’aéroport de La Corogne est petit, il fait la moitié de celui de Bilbao, il est très petit… Les connexions avec le Maroc sont nulles. Il y a des trains à La Corogne? Oui, non ? Alors donnez-lui un 10», a-t-elle dit. Avec la révélation de l’audio d’El Mundo, le nom de María Tato se retrouve à nouveau au centre d’une controverse qui l’entoure trop souvent.

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