Premier League

Leicester : l’aventure tourne au cauchemar pour Ruud van Nistelrooy

Parti depuis quelques semaines de Manchester United après un intérim réussi, Ruud van Nistelrooy lançait son aventure en Premier League dans la peau d’un numéro un du côté de Leicester. Un choix intéressant au départ qui est en train de tourner à la catastrophe.

Par Aurélien Macedo
5 min.

C’est sans doute l’un des mouvements perdants de la saison. Coach du Sporting CP en début de saison, Ruben Amorim avait décidé de quitter le club portugais alors en tête et invaincu en championnat pour aller du côté de Manchester United. Actuel quinzième de Premier League et contesté, le coach de 40 ans est autant en difficulté que les Red Devils. Son club du Sporting CP a également traversé une crise et s’il reste leader du championnat portugais, Benfica est revenu sur ses talons. Enfin, l’intérimaire qui a laissé sa place à Ruben Amorim, Ruud van Nistelrooy, a été poussé au départ du club mancunien et cela ne se passe pas vraiment bien pour lui. Signant du côté de Leicester, il devait aider les Foxes à se maintenir en prenant la suite de Steve Cooper alors que le promu pointait à la 16e place. «Nous sommes heureux de confirmer la nomination de Ruud van Nistelrooy en tant que nouveau manager de l’équipe première de Leicester City. Le Néerlandais prendra en charge l’équipe après le déplacement de samedi à Brentford. Âgé de 48 ans, nous rejoint avec une grande expérience au plus haut niveau, à la fois comme joueur et comme entraîneur, et a signé un contrat jusqu’en juin 2027», pouvait-on lire fin novembre.

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Déçu de cette fin d’aventure, il avait fait part de son ressenti pour la BBC : «au moment où j’ai repris le poste intérimaire (ndlr : après le départ d’Erik ten Hag), j’ai dit que j’étais ici pour aider United et pour rester, et je le pensais. J’ai donc été déçu, vraiment déçu, et ça m’a fait mal de devoir partir. En fin de compte, j’ai compris parce que je comprends aussi le nouvel entraîneur. Je suis dans le football depuis assez longtemps et je me suis débrouillé. Je comprends.» Débutant par une victoire contre West Ham (3-1) et un nul contre Brighton (2-2), Ruud van Nistelrooy montrait rapidement des choses prometteuses avec son équipe. Une entame idéale alors que la mission maintien allait être quoi qu’il arrive compliquée. Néanmoins, la machine s’est depuis grippée puisque Leicester a disputé depuis 11 matches de Premier League avec 10 défaites pour une petite victoire le 26 janvier dernier contre Tottenham. Actuellement dix-neuvième et à cinq unités de Wolverhampton le premier relégable, l’heure est grave pour le Batave.

Leicester en grand danger

18e meilleure attaque et 19e meilleure défense de Premier League, Leicester est finalement à sa place dans la charrette pour le moment. Le club anglais s’est enlisé sur les dernières semaines et ne compte que 4 buts inscrits sur ses 11 derniers matches pour 29 encaissés. Des chiffres inquiétants pour les Foxes de Ruud van Nistelrooy qui doivent composer il est vrai avec un contexte peu évident. Sous le coup d’une sanction de la Premier League depuis des mois pour non-respect de la réglementation financière, Leicester est sous le coup d’une déduction de points même si aucune sanction n’a été prise. Pour autant, cela n’a pas permis à Leicester de se renforcer correctement cet hiver avec la seule venue de Woyo Coulibaly de Parme contre 3 millions d’euros. Et avec un effectif assez limité, la situation se complique pour le Néerlandais qui s’est notamment brouillé avec Facundo Buonanotte un des cadres du début de saison.

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Ce vendredi après l’humiliation 4-0 contre Brentford, il a eu un constat terrible mais juste : «nous devons accepter que nous sommes dans une situation où chaque semaine nous affrontons une meilleure équipe. Nous devons préparer une équipe pour qu’elle soit la meilleure possible. Nous ne pouvons pas nous demander plus. Au final, il faut chercher à jouer au maximum de ses capacités. Je ne peux pas demander aux joueurs de faire plus que ça. Avec l’effectif que nous avons, c’est une énorme montagne à gravir pour rester dans ce championnat, une énorme montagne. C’est la réalité.» Conscient des difficultés et des limites de son groupe, il n’échappe pas aux critiques pour autant. «Nous avions dit à l’époque que c’était un gros pari pour Ruud d’y aller dans la situation dans laquelle ils se trouvaient. On entendait les huées, à juste titre, à la mi-temps. Vous savez mieux que nous que ce n’est pas un club heureux. On a vraiment eu l’impression que c’était un week-end crucial, car West Ham et Wolves ont gagné et les trois derniers ont encaissé quatre buts. On a l’impression que c’est un week-end où tout est presque fini», a ainsi déclaré la légende de Newcastle Alan Shearer dans le podcast Rest is Football.

Dans l’urgence, Leicester a décidé de couper des têtes et deux des assistants de Ruud van Nistelrooy ont été limogés. Il s’agit de Ben Dawson et Danny Alcock. S’il conserve pour le moment la confiance des dirigeants, le coach de 48 ans sait qu’il est attendu au tournant. Devant défier ce jeudi West Ham qui est actuellement 16e mais dispose de 13 points d’avance sur Lecicester, les Foxes vont ensuite défier Chelsea (9 mars), Manchester United (16 mars), Manchester City (2 avril), Newcastle (5 avril), Brighton (12 avril) et Liverpool (19 avril). Un programme terrible qui pourrait être fatal au club des Midlands de l’Est mais aussi à Ruud van Nistelrooy. Pour autant, ce dernier n’est pas inquiet comme il l’a expliqué en conférence de presse : «je sais quel contrat j’ai signé. Ce n’était pas un contrat de cinq ou six mois. C’était un contrat, après cela, pour deux saisons supplémentaires. J’étais consciente dès mon arrivée du défi et de la difficulté que cela pouvait représenter. J’en étais conscient et je me suis engagé dans cet avenir.» Pour y parvenir, il va devoir se sortir d’une situation très compliquée.

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