UEFA : la sortie ultra saignante d’Aleksander Čeferin sur la nouvelle Ligue des Champions
Ce jeudi, Aleksander Čeferin s’est exprimé lors du Congrès de l’UEFA. L’occasion de mettre les choses au clair concernant les critiques reçues par l’instance dirigeante du football européen ces derniers mois.

En 2027, Aleksander Čeferin quittera la présidence de l’UEFA. Une nouvelle que le Slovène a annoncée il y a déjà quelques semaines. « Je suis fatigué, loin de ma famille depuis longtemps. J’ai décidé de ne pas me représenter.» En attendant d’achever son mandat, il compte bien mener à bien des projets très importants à ses yeux durant les deux prochaines années. Ce jeudi, il dirigeait d’ailleurs le 49e Congrès de l’UEFA. L’occasion pour lui de se féliciter de l’organisation du championnat d’Europe 2024 en Allemagne l’été dernier, tout en décrétant l’union sacrée pendant que des événements extérieurs divisent le monde ou que certains, notamment ceux qui militent pour la Super Ligue, œuvrent contre le bien commun.
Čeferin a ensuite évoqué le nouveau format des Coupes d’Europe, notamment de la Ligue des Champions. Une innovation critiquée par beaucoup qui préféraient l’ancien système. Mais à l’écouter, c’est déjà un succès. «Le nouveau format de la Ligue des Champions génère plus d’intérêt, plus d’enthousiasme et une plus grande variété de clubs. Les équipes sont désormais confrontées à un éventail d’adversaires plus large, avec de grands chocs se produisant dès le début de la saison. Pourtant, comme toujours dans le football et dans la vie, des voix doutent et s’élèvent. Les critiques disent que notre système actuel ne fonctionne pas, et je me demande : ces gens croient-ils aux faits ou à la fiction ? Ils disent que le football est en crise, visiblement, ils croient aux contes de fées.»
Le nouveau format des coupes européennes est un succès
Il poursuit, en taclant notamment les clubs pour la création d’une Super Ligue : «certains disent qu’il ne faut organiser un tournoi qu’avec les grands contre les grands, les meilleurs contre les meilleurs. Mais qu’avons-nous vu dans nos compétitions l’année dernière ? Nous avons vu l’Atalanta triompher, l’Olympiakos célébrer, des performances passionnantes de la Géorgie et de mon pays, la Slovénie, lors de l’Euro. Nous avons également vu Saint-Marin remporter deux matches la saison dernière, et déjà un cette saison. C’est la force de l’esprit collectif, mes amis.» Le patron de l’UEFA a ensuite fait un point sur les audiences, alors qu’on dit que le foot est trop présent et intéresse de moins en moins.
«Une audience en crise ? Non, pas du tout. Le football européen a atteint une visibilité sans précédent dans les compétitions masculines et féminines au cours de la saison 2023-24. L’Euro 2024 a à lui seul atteint une audience cumulée de 5 milliards de personnes. Voilà, mes amis, le pouvoir attractif du football. Pendant ce temps, dans les tribunes, nous avons vu près de 230 millions de fans assister aux matches à travers l’Europe, à tous les niveaux. Un nombre qui devrait encore augmenter cette saison. Regardez ce que nous avons accompli avec le nouveau format de compétition de club. Les supporters étaient sur leurs sièges jusqu’au coup de sifflet final de la phase de groupes. Pourtant, on nous a dit que cela ne fonctionnerait pas.»
Un public au rendez-vous contrairement aux idées reçues
Il ajoute : «au lieu de fermer la compétition, nous l’avons ouverte, et le résultat a probablement été la saison la plus excitante de tous les temps. C’est notre vision du football européen. Parce que, tout d’abord, je ne veux pas vivre dans un monde ennuyeux et monotone, un monde sans couleurs authentiques, sans gestes et sans surprises. Ces éléments constituent l’essence même de la vie et la magie du football. Notre vision exige que nous travaillions tous ensemble, pour créer une composition spéciale et harmonieuse. On dit souvent que l’UEFA se concentre sur le fait de gagner de l’argent. Oui, nous nous soucions de la croissance financière. Mais nous ne sommes pas avides, impitoyables, tyranniques ou intimidants. Nous sommes doués pour lever des fonds et nous en levons beaucoup, mais nous ne sommes pas une machine à profits froide et insensible. Nous sommes une merveille en matière de collecte et de distribution de fonds, avec une conscience. Pourquoi ne pas accumuler ces fonds ? »
Il conclut : «en fait, 97 % des revenus que nous générons sont redistribués équitablement, de bonne foi, et réinvestis dans le football européen au profit du plus grand nombre, et pas seulement de quelques-uns. Nous travaillons pour le football et pour les supporters, pas pour des profits ponctuels et à court terme. Nous soutenons le football à tous les niveaux car la durabilité financière est essentielle au jeu. Nos compétitions et tournois d’élite génèrent des fonds essentiels et sensibilisent au football de base. Dans cette optique, les clubs doivent privilégier la croissance à long terme plutôt que l’ambition débridée, créant ainsi un système où le succès se mérite et non s’achète. Le soutien de l’UEFA aide les clubs à améliorer l’accessibilité, à garantir un football de qualité et à préserver l’avenir du jeu pour les générations à venir.» Čeferin a conclu en remerciant l’ECA et son président Nasser Al-Khelaïfi après sa longue mise au point.
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