Les folles révélations de Farès Bahlouli sur Christophe Galtier et le LOSC
La carrière tortueuse de Farès Bahlouli l’a amené à côtoyer Marcelo Bielsa à Lille, qu’il a adoré, puis son successeur Christophe Galtier, avec qui les choses se sont très mal passées. Le milieu offensif formé à Lyon a raconté à So Foot l’envers du décor de cet épisode tumultueux.
Il y a des noms qu’on n’oublie pas, quand bien même la carrière du joueur n’a pas emprunté le chemin du succès. Farès Bahlouli est de ceux-là, lui qu’on imaginait comme le nouveau Hatem Ben Arfa du côté de l’Olympique Lyonnais. Un talent à l’état brut, une qualité de dribbles exceptionnelle, un poste de milieu offensif qui laissait penser que l’OL allait fournir un nouveau génie au football français. Finalement, Bahlouli a quitté son club formateur, déçu par la tournure des événements et par un coach (Hubert Fournier) qui ne voulait pas de lui. Il s’est laissé séduire par le projet monégasque, mais une pubalgie l’a laissé sur le carreau.
Il a suivi Luis Campos sur le projet lillois, avec la perspective de jouer sous les ordres de Marcelo Bielsa, qui le voulait déjà à Marseille. Mais l’entraîneur argentin n’a pas fait de vieux os dans le Nord et son successeur Christophe Galtier n’a pas fait dans la délicatesse. C’est cet épisode que nous allons vous raconter, en relayant l’excellente interview de Farès Bahlouli proposée ce jeudi par So Foot. Le milieu offensif, désormais âgé de 29 ans et sans club depuis la fin de son aventure à Dnipropetrovsk en Ukraine, est revenu sur ce passage houleux, qui s’est terminé sur un licenciement pour faute grave en 2019. Licenciement contesté par le joueur auprès de la justice, qui avait condamné le LOSC à lui verser 510 000 euros.
Alors qu’il se régalait avec Bielsa, les résultats ne suivent pas et Christophe Galtier est nommé pour lancer l’opération maintien. Bahlouli découvre l’entraîneur français. « Premier entretien avec (Christophe) Galtier. Il me dit : "Farès, je dois m’excuser, on m’avait dit que tu étais une personne compliquée, une tête forte, un comportement… Je te connais depuis dix jours et tu es adorable, avec l’état d’esprit." Quand il arrive, on est pratiquement derniers ! Mission sauvetage sur le terrain, mais dans le vestiaire, c’est la guerre ! Les joueurs de Bielsa, les Brésiliens, les Français… De là à en arriver presque aux mains. Et Galtier n’a pas les épaules pour tenir ce vestiaire. Du coup, il se sert de Benzia et moi. Il nous convoque. Il joue la carte de la sensibilité des anciens Lyonnais. On m’avait prévenu de comment il est. Je lui laisse le bénéfice du doute pour me faire ma propre opinion. On discute. Il est charmant, super sympa : "j’ai besoin de vous, il faut que vous m’aidiez à tenir le vestiaire." On fait ce qu’il faut. Mike Maignan a aussi un gros rôle. On essaie de l’aider au maximum pour gérer les problèmes. On se maintient. Et là, le gars change du tout au tout », raconte le milieu offensif.
Le LOSC sans pitié avec Bahlouli
Il poursuit : « on revient de vacances, le mec fait son mercato. Il nous vire tous ! Il ne veut plus nous parler, ni nous recevoir. Un matin, on me convoque pour me dire que Galtier ne me veut plus. On me bloque l’accès aux vestiaires. J’essaie d’avoir un entretien avec lui, il ne veut pas. Rien du tout ! On me prend mes affaires et on les jette dans le vestiaire de la réserve. Puis, on m’interdit d’accéder au centre d’entraînement, je dois me garer à l’extérieur ! Je ne vais pas rentrer là-dedans, mais quand tu vois, quelque temps après, de quoi il a été accusé, je ne suis pas étonné. Je ne suis pas là pour faire du buzz. Mais tu sens qu’il y a un problème. Ce n’est pas normal. Tu ne me parles plus, tu nous vires un à un comme des chiens, tu m’interdis l’accès à la cantine, aux vestiaires, au parking… » Farès Bahlouli fait référence aux accusations de racisme à l’encontre de Galtier suite à son passage à l’OGC Nice. Rappelons que la justice a relaxé le coach français sur les chefs de harcèlement moral et de discrimination.
Néanmoins, le témoignage Bahlouli sur les méthodes employées est marquant. « Ils me font la misère. Il y a un mec là tous les jours à l’entraînement, qui se cache et qui note à quelle heure j’arrive. Ils font exprès de me convoquer l’après-midi. Ils me prennent un rendez-vous avec une diététicienne. Je dois signer à chaque fois. Si je ne viens pas à la pesée, il y a un signalement. Ils m’espionnent dans le vestiaire pour savoir ce que je dis. Ils veulent me pousser à la faute. Il y a aussi l’anecdote du maillot : je suis numéro 26. Ils font signer Jérémy Pied et le forcent à prendre le 26. Jérémy Pied, que je tiens à saluer, très respectueux, vient me voir. Je lui dis : "de toute façon, avec eux, c’est fini, ce maillot, je ne vais plus le mettre. Si le numéro te plaît, prends-le." C’est pour dire le vice… », raconte ainsi Bahlouli, qui aura finalement gain de cause auprès de la justice suite à son licenciement. Il rejoindra la région lyonnaise, du côté du club de Lyon-La Duchère, pour se retaper moralement après cet épisode houleux, avant de rejoindre le FC Metal, ancien Metalist Kharkiv, en Ukraine en 3e division. Ce qui n’échappera pas aux partisans encore nombreux du « Bahloulisme » sur les réseaux sociaux, générant une folle demande de maillots de ce club ukrainien floqués au nom de Bahlouli.
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