Brexit : ça se tend entre la FA et la Premier League...
À l'heure où le Royaume-Uni négocie les conditions du Brexit, la fédération anglaise (FA) souhaitait profiter de la sortie de l'Europe des Britanniques pour imposer un plus gros quota de joueurs britanniques en Premier League. Et sans surprise, cette mesure passe mal chez les dirigeants du championnat anglais.

Le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l'Europe) inquiète. Lors des récents sondages, une majeure partie des Britanniques affichent de plus en plus leurs regrets face à la mesure votée en juin 2016. Une tendance qui se vérifie également dans le monde du football anglais, et plus particulièrement chez les dirigeants de la toute puissante Premier League. Pour rappel, la fédération anglaise de football (FA) avait saisi la balle «brexitienne» au rebond pour tenter d'imposer des quotas.
L'objectif est simple : diminuer le nombre de joueurs étrangers présents au sein des effectifs et donc augmenter ceux des locaux et faire ainsi la part belle aux talents locaux ou formés dans les centres de formation anglais ou gallois entre 16 et 21 ans. Pour ce faire, la FA a pensé à introduire une période de transition afin que tout soit mis en place à partir de 2020, à savoir un nombre maximum de 13 "étrangers" (sur 25 éléments) par club. Une volonté de promouvoir le football britannique qui devait toutefois s'accompagner d'une révision des modalités d’attribution de visas et du permis de travail pour ne pas handicaper davantage la venue des joueurs "étrangers".
La Premier League ne veut pas du Brexit !
Mais chez les décideurs de la Premier League, ça ne passe pas. Le Times révèle d'ailleurs aujourd'hui qu'un conflit oppose clairement la PL à la FA. En clair, les dirigeants du championnat anglais, considéré avec la Liga comme l'une des deux plus grandes ligues de football du monde, espèrent que le gouvernement créera une "bulle" pour éviter que la Premier League ne soit impactée par cette restriction d'"étrangers" jugée trop nocive à l'image de marque du championnat. En effet, la PL explique qu'elle emploie pas moins de 12 000 personnes, qu'elle attire pas moins de 700 000 "visiteurs" par an et que les taxes payées par l'ensemble de la Premier League rapportent plus de 3,7 milliards d'euros à l'Etat. Un rejet du Brexit clairement expliqué par un membre de la PL hier soir.
«Il n’y a pas de preuve selon lesquelles des quotas plus importants que ceux existants aujourd’hui auraient un impact positif pour nos équipes nationales (A, U20, U19, etc). Actuellement, il y a des règles qui limitent au sein des clubs le nombre de joueurs n’ayant pas été formés localement. Nous travaillons aussi avec les clubs sur un processus de développement de joueurs qui serait bénéfique pour toutes les catégories de la sélection anglaise. Tout ceci a été prouvé par les victoires des U17 et des U20 en Coupe du Monde, et par la demi-finale atteinte lors du Mondial 2018. Nous avons également discuté avec la ligue écossaise qui est d’accord avec nous sur le fait que le Brexit ne devrait pas être utilisé pour affaiblir les équipes britanniques.» C'est dit !
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